...et un jour la justice rêgnera sur ce bas monde, tous les enfants mangeront à leur faim et l'USAP gagnera la Coupe d'Europe...
Le rugby, quand on habite le Sud-Ouest, c'est un peu comme une religion : y'a ceux qui pratiquent et puis y'a les autres, les parias. Ici rêgne la rugbycratie, si vous êtes rugbyman, vous avez accès au marché de l'Emploi et aux femelles sans problèmes, votre intégration sociale est assurée, et comme tous les autres rugbymen sont vos amis, vous faites alors partie d'un résau de solidarités qui ouvre toutes les portes.
Mon père l'était. Moi pas. J'aime pas les sports collectifs. Si j'avais suivi la voie paternelle, je serais probablement pas au chômage aujourd'hui, je serai un gros beauf, employé par une mairie ou par une entreprise dont le patron et un ex-rugbyman, j'aurais une 306 hdi et une pouff sur le siège passager. Mais le destin en a décidé autrement : au lieu du rugby, j'ai consacré tous mon temps libre depuis la seconde à la musique. Le milieu des zicos ouvre des portes aussi, mais moins. Je suis fâché avec mon père, j'ai pas de taff planqué et je roule en skoda avec ma tête d'ampli basse sur le siège passager. Je suis un étranger dans mon propre pays. A cause du Rugby. Mais j'arrive même pas à detester ce sport que je trouve plus sain que le foot...
Désolé pour cet intermède autobiographique, mais fallait que ça sorte...